Exposition aux agents respirables infectieux et cristallins : Prendre des mesures ou faire la surveillance?

Par | Nov 19, 2019 | Matières dangereuses

Aucun milieu de travail n’est exempt de dangers biologiques. Les employés de différentes manières peuvent consciemment ou non être exposés à des agents biologiques infectieux (Haagsma et al. 2012). Ils peuvent être des parasites, des virus, des bactéries, des champignons ou autres microbes. Ils peuvent apparaître et disparaître selon une forte variété de facteurs ce qui fait qu’il est très important d’être préparés.

« Un risque biologique est un organisme ou une substance produite pouvant affecter négativement la santé humaine, animale ou matières végétales individuellement et se propager d’un être vivant à un autre. »

Dans ce sens, n’importe lequel d’entre eux (humains, animaux et matières végétales) pourrait être considéré comme un risque biologique dès qu’il peut contaminer ou poser un risque pour la santé.

Les voies de transmission sont variées

En général, les micro-organismes peuvent pénétrer un corps de trois manières principales: par le système respiratoire, au contact de fluides corporels infectés, par transmission ou par contact avec des objets/matières contaminé(e)s ou chimiques toxiques. Ainsi, le risque biologique peut varier en fonction du mode de transmission ou de la zone du corps touchée.

Par exemple, des études ont montré que la transmission à longue distance de la grippe est possible via des aérosols de taille respirable. L’inhalation de particules de silice peut causer d’autres maladies pulmonaires telles que la bronchite chronique et le cancer (CNESST, 2012). Les fientes de volatiles tels que ceux des pigeons transmettent l’histoplasmose qui se manifeste comme une grippe ou la cryptococcose par la dispersion de leurs spores dans l’air (Canada, 2013). Le manganisme est la conséquence d’une exposition au manganèse (fine particule cristalline) suite à l’inhalation ou via l’eau / l’alimentation en milieux professionnels comme les mines, la sidérurgie, la soudure, la production d’alliages ferro/silico-Mn et de piles alcalines sèches (Lucchini et al., 2015). La transmission de certains virus peut se produire en touchant des surfaces ou des objets contaminés, ou en touchant sans protection les yeux, le nez ou la bouche. Au-delà de ceux-ci, la proximité reste le premier cas en tant que facteur majeur de transmission des maladies respiratoires. L’exposition de ces parties du corps à des virus en suspension dans l’air peut provoquer d’autres formes de maladies.

Toujours l’élimination à la source!

Des mesures techniques telles que l’amélioration de la ventilation, l’isolation partielle de la source de contamination, l’installation de systèmes de ventilation et de climatisation séparés, ainsi que l’utilisation de lampes à ultraviolets peuvent contribuer à limiter la propagation des contaminants.

Et sans vouloir approfondir les voies de contamination par ces agents infectieux, ce blog va s’intéresser à la protection respiratoire. Ceci, en raison de l’utilisation massive de masques respiratoires sur les recommandations scientifiques de la santé publique et la prévention au travail

Cependant, si le contact avec des risques biologiques ne peut pas être évité ou si le mode de transmission ne peut pas être maîtrisé, l’équipement de protection individuelle et l’hygiène personnelle restent les meilleures protections!

Masque respiratoire: un incontournable!

La protection respiratoire est un moyen important lorsque des aérosols biologiques infectieux sont potentiellement présents, avec des contrôles techniques permettant de respecter l’élimination à la source. Leur utilisation contre des agents biologiques potentiellement dangereux, transmissibles par inhalation, a augmenté ces dernières années (Janssen et al. 2013). Dans un environnement contenant ce danger potentiel, de la poussière et d’autres tels que des particules respirables cristallines (silice, etc.), des masques chirurgicaux et des respirateurs à masque filtrant (N95, SM, 3M, etc.) ont été utilisés par le public ainsi que travailleurs de la santé et de l’industrie.

Il en existe différents types en fonction du type de protection recherché, du type de risque biologique, de la nature du travail et de l’environnement: masques chirurgicaux, respirateurs de niveau N95 ou supérieur, appareil de protection respiratoire à purification d’air (PAPR), cartouche de traitement chimique, système d’alimentation en air respirateurs, etc. Il est important de choisir l’équipement de protection respiratoire approprié et de le porter correctement!

Quand ton masque est-il efficace?

Selon NIOSH (2012), la protection respiratoire n’est efficace que si :

  • le masque est utilisé correctement,
  • il est disponible quand vous en avez besoin,
  • vous savez quand le mettre et vous êtes formé pour le mettre et le retirer, et
  • vous l’avez stockée et conservée conformément aux instructions du fabricant

Selon ces faits au Québec, dans les lieux de travail comportant des agents infectieux ou de fortes concentrations de bioaérosols ou de fortes probabilités de leur présence, une protection respiratoire (du plus basique au plus spécialisé) est requise. Les articles 41 à 47 de la RSST doivent être respectés.

Cependant, il existe des gants, des vêtements de protection, des lunettes de sécurité/protecteurs faciaux, des bottes, des imperméables spécialement conçus pour compléter la protection et résister à la pénétration des microorganismes au travail (OSHC, 2003; RSPST).

Valeurs limites d’exposition: mesures et suivi

La réponse est ici!

Puisque vous avez identifié des souches biologiques infectieuses sur votre lieu de travail, il est important de connaître les limites d’exposition qui ne doivent pas être atteintes, ainsi que les mesures de surveillance pour suivre leur développement (ou non) et les recommandations de sécurité. De nombreux instruments ont ainsi été développés: mesurent les gaz / vapeurs toxiques et les micro-organismes dans l’environnement.

Ainsi, connaître la relation dose-réponse chez l’homme pour certains agents pathogènes respiratoires aide à estimer le niveau infectieux à atteindre. À l’heure actuelle au Québec, le règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST) établit la valeur d’exposition moyenne pondérée (VEMP) de nombreux éléments comme la silice (0,1 mg / m3 pour une période de 8 heures/jour, plus de 40 heures travaillées). C’est la raison pour laquelle, pour améliorer l’évaluation des risques biologiques infectieux, des organisations telles que ACGIH, la CNESST, publient et mettent à jour des limites d’exposition pour les particules biologiques sur les lieux de travail afin de contribuer à la prévention.

De plus, malheureusement, comme l’ont dit Schulte et HeeKyoung (2009), le changement climatique mondial rend certaines zones plus favorables à certains agents pathogènes pour lesquels les conditions considérées auparavant impossibles. Nous sommes d’accord avec Émilien Schultz (2019) sur le fait que les seuils de toxicité ne suffisent pas pour mettre un terme aux diverses contaminations auxquelles l’homme est confronté aujourd’hui.

Pour les opérations s’exécutant en milieu infecté ou avec des concentrations élevées de bioaérosols, l’appareil de protection respiratoire est obligatoire (art 41-47, RSST) (Québec, 2019)

En conclusion, les organisations ne peuvent éviter le respect des valeurs limites d’exposition, mais doivent l’associer à un suivi rigoureux. En effet, la surveillance est la stratégie de gestion durable de tout lieu de travail pour de meilleures stratégies visant à maintenir la marge de sécurité à ne pas dépasser par rapport aux valeurs limites d’exposition spécifiées.

 

Cependant, Intervention Prévention inc. en cartographiant chaque danger en fonction de critères biologiques, électriques, mécaniques et opérationnels sur votre lieu de travail pourrait inventorier le niveau d’exposition de vos travailleurs.

 

 

References

Canada, 2013. https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/conseils-pour-controle-parasites/pigeons.html

Haagsma JA, Tariq L, Heederik DJ, Havelaar AH, 2012. Infectious disease risks associated with occupational exposure: a systematic review of the literature. Occup Environ Med. 2012 Feb;69(2):140-6. Doi: 10.1136/oemed-2011-100068. Epub 2011 Oct 17

  1. F. Shroder and Ramesh Sivanpillai, 2015. Biological and Environmental Hazards, Risks, and Disasters. Doi : 10.1016/C2011-0-07027-8. Elsevier, ISBN 978-0-12-394847-2. 492 p

Larry Janssen, Harry Ettinger, Stephan Graham, Ronald Shaffer, Ziqing Zhuang. 2013. The Use of Respirators to Reduce Inhalation of Airborne Biological Agents. J Occup Environ Hyg. 2015 Dec ; 10(8): D97–D103. Doi: 10.1080/15459624.2013.799964, in PMC 2015 Dec 4

NIOSH, 2012. Respirator Fact Sheet. The National Personal Protective Technology Laboratory (NPPTL). Archives, 2012 jan

OSHC, 2003. Biological Hazards – Prevention and Personal Protection. A Practical Guide Specifically for Frontline Workers. http://www.oshc.org.hk/oshc_data/files/HotTopic/CB959E.pdf

CNESST, IRSST, 2012. Guide de bonnes pratiques – Prévention de l’exposition des travailleurs à la silice. https://www.cnesst.gouv.qc.ca/publications/200/Documents/DC200_1039_3web.pdf

 

Paul A. Schulte, HeeKyoung Chun, 2009. Establishing a Preliminary Framework. P. 542-554. Doi : 10.1080/15459620903066008, published online: 22 Jun 2009.

Roberto G. Lucchini, Michael Aschner, Yangho kim, Marko Šarić, 2015. Chapter 45 – Manganese, In Handbook on the Toxicology of Metals (Fourth Edition), Ed(s): G.F. Nordberg, B.A. Fowler, M.Nordberg, Academic Press, ISBN 9780444594532. https://doi.org/10.1016/B978-0-444-59453-2.00045-7

RSST, 2019. Règlement sur la santé et la sécurité du travail – chapitre S-2.1, r. 13

RSPST, Dangers et risques associés aux bioaérosols et agents infectieux dans les systèmes d’égouts, la collecte des déchets, les matières recyclables et le compostage (PII Risques biologiques).

http://www.santeautravail.qc.ca/documents/67467/774fffc9-1678-4d40-b90c-d20c14147dcd

Schultz Émilien, « De la barrière et du bulldozer. Ou pourquoi la définition de seuils de toxicité ne suffit pas à stopper la pollution industrielle », Zilsel, 2019/2 (N° 6), p. 361-371. DOI : 10.3917/zil.006.0361. URL : https://www.cairn.info/revue-zilsel-2019-2-page-361.htm

 

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