Sécurité électrique: Changements 2018 norme NFPA 70E/CSA Z462

Par | Oct 30, 2017 | Sécurité électrique

Sécurité électrique:

Changements 2018 de la norme NFPA 70E/CSA Z462

 

La version 2018 de la norme NFPA 70E (probablement comme celle à venir de la norme CSA Z462) vise une intégration avec le processus d’analyse de risques dont la page principale de cette nouvelle version montre une pyramide afin de déterminer la priorisation des mesures correctives (figure 1). En premier lieu, il s’agit d’éliminer le risque à la source. Si cela n’est pas possible, les autres étapes à suivre sont d’essayer de réduire le risque, trouver une mesure de contrôle en ingénierie, informer et être à l’affût des dangers, trouver des mesures de contrôle administratives et en dernier recours, porter les équipements de protection individuelle. Cette approche n’est pas sans rappeler la nouvelle réglementation québécoise de janvier 2016 (RSST art. 188.1 à 188.13) dont l’article 188.13 qui stipule que les travaux sur une installation électrique doivent être cadenassés, mais dans le guide explicatif de la CNESST, il ramène l’article 188.4 qui parle que lorsqu’il est impossible de se cadenasser, il doit y avoir une analyse de risques et trouver une façon de réduire le risque.

La vision de la nouvelle réglementation est en lien avec la nouvelle version de la norme et axée principalement sur les analyses de risques et la réduction du risque.

Figure 1. Pyramide de priorisation des mesures correctives

Au moment d’écrire ces lignes, la version 2018 de la norme CSA Z462 n’est pas encore sortie mais des liens seront fait avec la NFPA 70E car en fait, depuis le début, la norme canadienne est basée sur la norme américaine. Aussi, cet article ne porte pas sur tous les changements apportés à la norme mais seulement sur les principaux points. N’hésitez pas à acheter la nouvelle version afin de réviser les points qui ont changé.

 

Principaux changements

Au niveau des définitions, le danger d’arc a été peaufiné mais le lien vers le tableau 130.5 (4A dans la CSA Z462) est encore confirmé. Pour bien définir quand les EPI anti-arc sont nécessaires, ce tableau permet de tracer une ligne en autant que les équipements ont été bien entretenus et bien installés, mais au lieu de parler de EPI anti-arc nécessaires, il est mention de probabilité qu’un arc se produise (faire une démarche d’analyse de risques). Le tableau a été simplifié et il est maintenant d’une seule page. La notion de manœuvre sécuritaire avec les 5 points (voir autre article) a été maintenue mais un 6e point a été ajouté qui parle d’opérer l’équipement selon la méthode dictée par le manufacturier, ce qui est logique surtout quand on parle d’équipements complexes comme un interrupteur de transfert (transfert switch). La définition de la sécurité électrique a été révisée afin d’avoir une approche plus centrée sur l’analyse de risques. Au niveau du choc, il est mieux défini et ce sera le sujet d’un autre article car une norme internationale traite de ce sujet.

Au niveau des procédures d’urgence, la formation en RCR/DEA est toujours en vigueur mais la recertification est selon le pays, l’état, la province mais une révision annuelle a été ajoutée dans tous les cas.

Pour les équipements électriques portatifs (extensions, outils électriques), la mention « réparation » a été ajoutée, soit que si l’extension a été réparée, elle n’est plus bonne et doit être remplacée. Cela rejoint les accidents car plusieurs accidents ont lieu dû à des réparations des extensions qui étaient déjà en mauvais état.

Concernant les étapes afin d’atteindre un travail sans danger électrique, 2 points supplémentaires ont été ajoutés (donc 7 au total) sur les 5 déjà présent, soit de relâcher l’énergie électrique emmagasinée, comme par exemple les condensateurs dans les variateurs de vitesse, et de relâcher l’énergie mécanique emmagasinée, soit les ressorts dans les sectionneurs par exemple. Donc, l’énergie résiduelle est prise en compte un peu plus qu’avant.

Au sujet des conditions de travail électrique sécuritaire, le niveau a été fixé à 50 Volts et quand cela dépasse cette valeur, les personnes non qualifiées doivent être plus éloignées que la distance limitée et ils ne doivent pas faire de tâches qui les exposent aux conducteurs électriques accessibles.

Pour les exemptions au permis de travail sous tension, les ultrasons en font maintenant partie en plus des autres tâches d’auparavant (diagnostique, thermographie, …).

Les tableaux 130.4 (D) (a et b) qui sont comme les tableaux 1A et 1B dans la Z462, n’ont pas subi de changements qui portent sur les périmètres d’accès limité et restreint contre les risques de chocs.

Concernant les risques d’arc électrique, l’étude d’énergie incidente en fait encore partie mais la notion de maintenance est renforcée. La révision des études de coordination et de court-circuit aux 5 ans suite à l’étude ou lorsqu’il y a une révision majeure au niveau du bâtiment est toujours présente.

Le tableau 130.5(c), soit le tableau 4A dans la Z462, a été simplifié et les tâches ont été classées selon la condition de l’équipement et la probabilité qu’un arc se produise au lieu de dire que les EPI ne sont pas nécessaires directement. Par exemple, lire un écran indicateur sur un panneau électrique peu importe la condition de l’équipement, il est peu probable qu’un arc se produise. Le tableau a été ajusté selon la ligne directrice de la norme par rapport à l’analyse de risque. À la fin du tableau, les 6 points d’un équipement dont la condition est normale sont définis et ce sont les mêmes que ceux discutés lors des manœuvres de sectionnement avec l’ajout des points recommandés par le manufacturier.

Pour les niveaux de protection, l’application des cal/cm2 seulement au lieu des catégories de vêtements de protection anti-arc est passée de l’annexe au contenu de la norme. En résumé, c’est seulement les cal/cm2 qui sont tenu en compte et maintenant les vêtements simple couche peuvent protéger jusqu’à 12 cal/cm2 s’ils sont de 12 cal/cm2 eux-mêmes incluant tous les EPI comme la visière et la cagoule. Il y a 2 ensembles, soit un de 12cal/cm2 et un autre de 40 cal/cm2 minimum. Donc, quand le niveau d’énergie est inférieur à 12 cal/cm2 sur l’étiquette, le travailleur doit prendre l’ensemble à 12 cal/cm2 et quand le niveau d’énergie est supérieur à 12 cal/cm2, il doit prendre le 40 cal/cm2. Cette façon de l’appliquer peut être à privilégier pour les entreprises dont les catégories sont difficiles à appliquer. Comme par exemple, si le niveau d’énergie incidente calculé est de 10 cal/cm2, les vêtements de catégorie 4 (40 cal/cm2) devraient être portés selon la méthode des catégories (1 à 4) mais ça serait le même ensemble que la catégorie 2 mais à 12 cal/cm2 si la façon des niveaux d’énergie uniquement est appliquée.

Pour les étiquettes d’énergie incidente, la liste d’exigences est sensiblement la même mais l’entreprise doit choisir entre la catégorie ou le niveau d’énergie tel que discuté dans le paragraphe précédent, mais pas les 2 afin d’éviter une mauvaise compréhension des travailleurs.

 

En conclusion, la norme a renforcé sa vision d’intégration de l’analyse de risques dans la prise de décision concernant les risques électriques, ce qui entre en lien avec les autres normes parlant de sécurité en milieu de travail. Cette transition passe par une réduction du risque pour les entreprises en ayant en premier lieu des équipements électriques en bonne condition, bien installés et bien entretenus et en suivant les exigences des manufacturiers afin de réduire les risques d’avoir un accident d’origine électrique en milieu de travail.

 

Si vous souhaitez plus d’information ou une formation sur le sujet (sécurité électrique, analyse de risques, mesures d’urgence RCR DEA), n’hésitez pas à communiquer avec nous!

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